Pourquoi le cytomégalovirus (CMV) est-il dangereux pendant la grossesse ?

dossier Le cytomégalovirus ou CMV est un virus courant qui peut infecter des personnes de tous âges. En général, l’infection n’est pas dangereuse, mais si vous entrez en contact pour la première fois avec le CMV pendant la grossesse, cela peut causer de graves lésions au bébé.

Qu’est-ce que le CMV ?

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Le cytomégalovirus fait partie des virus de l’herpès, tout comme l’herpès labial, la varicelle, le zona et la fièvre glandulaire (mononucléose infectieuse). Les personnes infectées par le CMV peuvent avoir de la fièvre, des maux de gorge, de la fatigue et des ganglions enflés, mais dans de nombreux cas, il n’y a aucun symptôme et l’infection passe alors totalement inaperçue. Si vous êtes infectée une fois, le virus reste dans votre organisme et peut se manifester à nouveau ultérieurement.

Que se passe-t-il si j’attrape le CMV enceinte ?

  • Les femmes qui n’ont pas eu la maladie auparavant et qui sont donc séronégatives (n’ont pas d’anticorps dans le sang) et qui sont infectées pour la première fois pendant leur grossesse (primo-infection) ont 30 à 40 % de risques de transmettre le virus à l’enfant à naître pendant la grossesse.
  • En cas de réactivation du virus pendant la grossesse chez des femmes qui ont été infectées auparavant, le risque de transmission est beaucoup plus faible (environ 1 à 2 %).
  • Une infection contractée à la naissance ou après celle-ci ne cause généralement aucun problème (grave) chez les bébés nés à terme et en bonne santé. Toutefois, chez les prématurés, les bébés de faible poids de naissance ou les bébés immunodéprimés, il existe un risque de maladie plus sévère.

Si les analyses de sang montrent que vous avez contracté le CMV pendant la grossesse, une amniocentèse peut être programmée vers la 20e ou la 22e semaine de votre grossesse pour vérifier si le virus a atteint le fœtus. Si c’est le cas, des échographies seront réalisées très régulièrement pour détecter toute anomalie, comme un retard de croissance intra-utérin. Si l’infection s’est produite plus tard dans la grossesse, une analyse d’urine du bébé après la naissance peut montrer si le virus a atteint le nourrisson. Plus tard dans la grossesse, vers 31-32 semaines, toute anomalie grave du cerveau ou autre peut être détectée par une échographie ou une IRM fœtale.

Quelles sont les conséquences possibles d’une infection à CMV pour le bébé ?

Il n’existe pas de relation claire entre le moment de l’infection pendant la grossesse et la nature des anomalies, mais on pense que l’infection avant la 20e semaine de grossesse (aménorrhée) entraîne des anomalies plus graves. Au cours des trois derniers mois de la grossesse, la probabilité d’un effet est inférieure à 1 %.

  • La grande majorité des bébés atteints d’une infection congénitale à CMV ne présentent aucun trouble pendant la grossesse ou à la naissance. Cependant, 10 à 15 % de ces enfants développeront tout de même des anomalies au cours des premières années de leur vie. Il s’agit principalement de légers troubles du développement et de l’apprentissage, de problèmes auditifs et parfois de problèmes oculaires.
  • 10 à 15 % des bébés atteints d’une infection congénitale à CMV présentent des symptômes clairs et parfois graves à la naissance, tels que:

     - retard de croissance et faible poids à la naissance, problèmes de coagulation sanguine, qui se manifestent par de petites hémorragies sous-cutanées (pétéchies)
    - problèmes pulmonaires (pneumonie)
    - problèmes de foie ou de rate (augmentation du volume du foie ou de la rate, jaunisse)
    - une petite tête (microcéphalie)
    - calcifications dans le cerveau
    - convulsions
    - tonus musculaire anormal
    - problèmes d’audition
    - problèmes de vision (cataractes, inflammation des yeux)

    Beaucoup de ces enfants peuvent présenter ultérieurement un retard de développement général, des troubles du comportement ou de l’apprentissage, une surdité et/ou des problèmes de vision.

  • Dans de rares cas, le bébé décède in utero.
  • Parmi les enfants qui présentent des problèmes neurologiques évidents dès la naissance, environ 20 % meurent au cours de leur première année de vie.

Comment prévenir une infection par le CMV ?

Il n’existe pas encore de vaccin contre le CMV. Le CMV se transmet par les fluides corporels (urine, salive, selles, lait maternel, sang, larmes, sperme et pertes vaginales). Il est donc préférable d’avoir une bonne hygiène, surtout si vous avez des contacts réguliers avec de jeunes enfants. Lavez-vous les mains régulièrement et ne mettez pas les couverts ou les tétines des enfants dans votre propre bouche.

J’ai peur d’avoir attrapé le CMV, que faire ?

En France, la sérologie du CMV est, contrairement à la toxoplasmose (et bizarrement) pas systématique. Certains professionnels de santé se montrent peu enclins à la pratiquer, mais si vous êtes inquiète (si vous travaillez au contact de jeunes enfants, ou si vous êtes déjà maman d’enfants en bas-âge), n’hésitez pas à demander une sérologie à votre médecin.

En Belgique, la sérologie du CMV est plus fréquemment proposée, mais elle n’est plus remboursée depuis 2017.

De nombreuses femmes militent pour une meilleure information des femmes et futures mères, et pour une prise en charge d’un dépistage du CMV, comme @magrossessecmv sur Instagram, qui a raconté son histoire dans le podcast Bliss Stories

auteur : Amélie Micoud - journaliste santé

Dernière mise à jour: juin 2023

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