Bambin 4 Jun 2020 Amélie Micoud

Mon enfant fait des cauchemars: les conseils de Juliette, coach sommeil

Tout parent se retrouve confronté, tôt ou tard, aux cauchemars de son enfant. Terreurs nocturnes, peur au moment du coucher, loups ou monstres cachés sous le lit en pleine nuit… Pas toujours simple, pour les parents, de rassurer au mieux nos bambins, et de savoir ce qui se cache parfois derrière ces cauchemars, qui peuvent inquiéter, surtout s’ils sont récurrents. Juliette, coach sommeil de Fée De Beaux Rêves, nous donne des pistes pour tranquilliser enfants… et parents!

« Faire des cauchemars est « normal ». Des tas de raisons peuvent expliquer les cauchemars. Quelque chose qui se passe dans le contexte de vie de l’enfant, dans son quotidien, dans son histoire familiale… À chaque grands événements de la vie (naissance d’un petit frère, séparation, déménagement, entrée à l’école…), une récurrence des cauchemars peut avoir lieu: l’enfant a besoin de communiquer quelque chose à quelqu’un.

À quel âge commence-t-on à faire des cauchemars?

Les nourrissons commencent leur sommeil par une phase agitée, c’est normal. L’apparition des premières terreurs nocturnes et cauchemars a lieu à un âge un peu flou. Dans la littérature scientifique, il est souvent dit que c’est à partir de 2 ans. Mais à 2 ans, un enfant est surtout capable d’exprimer sa peur. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de cauchemars avant ça, c’est surtout qu’il n’y a pas de verbalisation du cauchemar. Les bébés rêvent à partir de 4 mois. Avant ça, on n’en est pas exactement sûr, mais il s’agirait plutôt de sensations.

Quelle est la différence entre cauchemars et terreurs nocturnes?

Dans le cas des terreurs nocturnes, l’enfant n’est pas conscient. Il est comme un somnambule: il dort encore. Il vaut mieux ne pas le réveiller, au risque qu’il soit ensuite complètement déboussolé, ne comprenant pas trop ce qui se passe.

Comment différencier terreurs nocturnes et cauchemars? La terreur nocturne arrive souvent en début de nuit, assez proche de l’endormissement. Si on fait attention, qu’on intervient en douceur, on se rend compte que l’enfant dort encore, même s’il crie et pleure. S’il ne répond pas à nos questions, il est probable qu’il dorme encore. En général, ces terreurs ont lieu chez un enfant trop fatigué, trop stimulé (les deux peuvent aller ensemble). Par exemple s’il a fait plein de choses dans la journée, s’il a vu beaucoup de monde, où encore s’il est un peu malade. Dans ce cas, il peut être intéressant de coucher son enfant plus tôt le soir.

Quoi faire si mon enfant fait un cauchemar?

Avant tout, s’assurer qu’il s’agit bien d’un cauchemar, et pas d’un simple réveil nocturne. Il ne faut pas mettre tout de suite en avant le côté cauchemar en le verbalisant: « Tu as fait un cauchemar? Tout va bien? Tu as eu peur? » Il n’est pas utile d’amener de l’inquiétude tout de suite. Surtout que l’enfant est tenté de dire oui, même si ça n’est pas le cas. Un enfant qui a fait un cauchemar, ça se voit. Il transpire, il a le cœur qui bat vite, il n’a pas l’air bien. Dans ce cas, on va le voir, on le rassure, on le câline, on peut lui donner un verre d’eau. Une fois que c’est redescendu, on peut le recoucher calmement.

Votre enfant se réveille? Vous pouvez attendre un tout petit peu, quelques secondes, pour voir s’il se rendort. Il ne s’agit pas de laisser hurler son enfant sans intervenir, bien entendu, mais s’il s’agit simplement d’un petit réveil, il est possible que votre enfant se rendorme en quelques secondes.

Et si mon enfant ne se rendort pas après un cauchemar?

Ça dépend des familles, des parents, de votre culture, de vos valeurs familiales… Je n’ai pas de réponse universelle! Certains sont dans une pratique de cododo. Pour eux, c’est naturel de prendre leur enfant dans le lit ou la chambre parentale. Si cela vous convient et que vous en ressentez l’envie ou le besoin, il n’y a aucune raison de s’en priver. Mais si vous faites du cododo à contre-coeur, qu’il s’agit d’un cosleeping subi, ça peut altérer la relation avec son enfant, vous vous dites « oh non, il est 1h du matin, et il est encore dans mon lit ». Vous n’arrivez pas à dormir et avez un sommeil de très mauvaise qualité. Revoir ses habitudes peut alors être une bonne idée. Faites confiance à votre enfant!

Quels rituels et objets peuvent aider contre les cauchemars?

Personnellement, je trouve qu’un simple arbre, dessiné sur un papier, est un support très intéressant. Vous dessinez un arbre (très basique, avec quelques branches) sur une feuille. L’enfant parcourt l’arbre avec son doigt. À chaque branche, il peut parler, s’il souhaite déposer quelque chose. Ensuite, une fois qu’il a déposé, il pose cet arbre dans un coin de la chambre. C’est un prétexte à verbaliser certaines choses. En plus, l’arbre est apaisant. Faire le parcours des branches peut aider l’enfant à se poser, à se concentrer. C’est un peu le même principe que la petite poupée ou peluche qui attrape les cauchemars.

En ce qui concerne les veilleuses: si pas de demande express de l’enfant, et si pas de projection de la peur du noir de la part des parents (on s’imagine que l’enfant a peur du noir), je pense que, globalement, il vaut mieux s’en passer. L’humain est fait pour dormir dans le noir. Si on dort la nuit, c’est parce qu’il fait nuit. Donc il ne vaut mieux pas, en première intention. Après, si l’enfant exprime une peur du noir, qu’il réclame la lumière, une veilleuse peut aider. S’il est suffisamment grand, je préfère qu’il puisse avoir accès lui-même à une petite veilleuse douce, plutôt que quelque chose qui reste allumé toute la nuit. Si l’enfant veut une veilleuse toute la nuit, alors privilégiez un support très léger: un simple point lumineux, qui va lui permettre de s’accrocher à quelque chose dans la chambre, servir de repère. Préférez les tons rouge ou orangés.

Comment réagir si mon enfant appréhende le coucher à cause des fantômes ou du croque-mitaine?

Je suis plutôt partisane de dire que ça n’existe pas, sans pour autant remballer la parole de l’enfant. Vous pouvez accueillir sa parole, l’écouter, puis faire un tour de la chambre et constater, ensemble, qu’il n’y a pas de monstres ou de loup. Mais encore une fois, il n’y a pas de réponse universelle sur comment agir. De mon côté je suis plutôt pour dire la vérité aux enfants. Et puis des trucs comme le spray anti-monstres peuvent être plus anxiogènes qu’autre chose: je fais pschit, ça va les faire partir, donc je valide le fait que les monstres existent. Je le répète, c’est là mon approche, et tout dépend de la situation: contexte, âge de l’enfant, etc.

Attention cependant à ne pas surprotéger son enfant, en évitant toutes les choses qui peuvent faire peur. Je ne lui montre même pas un Disney, car ça va l’effrayer. Le risque c’est qu’à un moment donné, il va s’en prendre plein la figure! Il va à l’école, les copains racontent des histoires, la maitresse en lit. La peur fait aussi partie de l’apprentissage, la construction, la confiance en soi. Ça ne veut pas dire non plus qu’on va forcer son enfant à regarder un dessin animé ou un livre qu’il n’aime pas. Mais on peut laisser un enfant avoir un peu peur. Si vraiment vous constatiez une répétition, et qu’aller au lit devient une épreuve pénible tous les soirs, alors consulter un psychologue peut être une bonne idée.

Quand consulter?

Quand on sent qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Ou quand ça devient une souffrance pour la famille. Il faut tout simplement vous écouter. Le point de vue parent est aussi important! Un parent en forme, reposé, est plus disponible pour son enfant. Mais encore une fois, si votre enfant vous réveille toutes les nuits, que ça ne vous dérange pas, qu’à côté de ça il vous parait en forme, qu’il n’est pas grognon parce qu’il est fatigué, qu’il se rendort facilement et que ça convient à tout le monde, pas de souci !

En revanche, si un enfant met 2 heures à se rendormir toutes les nuits, là c’est plus compliqué, et peut-être que ça vaut le coup de consulter. Il faut s’écouter et être honnête avec une situation qui ne vous convient pas. Il m’arrive de parler des cauchemars avec des parents, quand c’est une des composantes d’un souci de sommeil de leur enfant. Si des cauchemars s’ajoutent aux réveils nocturnes (normaux, je le rappelle), alors je peux intervenir.

Juliette Moudoulaud est maman de 4 enfants. Coach sommeil certifiée, elle a créé « Fée De Beaux Rêves« , pour accompagner parents et enfants dans l’amélioration de leur sommeil. Vous pouvez la contacter via son site: www.feedebeauxreves.fr, et vous abonner à son compte Instagram.

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