Bambin 20 Mar 2022 Amélie Micoud

Mon enfant est en opposition: comment gérer?

Crises, colères, provocations… Votre enfant est en opposition permanente et vous avez tout essayé (ou presque). Entre préceptes de l’éducation bienveillante et l’envie de tout envoyer balader, comment gérer un enfant au comportement difficile? Valentine Anciaux, psychologue et psychoéducatrice, nous a livré quelques conseils et astuces qu’on répertorie ici, accompagnés d’autres ressources.

Avant tout, il faut essayer de comprendre ce qui peut se jouer derrière l’opposition/la provocation. Pour cela, il est essentiel d’observer son enfant. Est-ce qu’il peut avoir des soucis à l’école? Est-il fatigué? Est-ce que son seau d’attention est assez rempli? Est-ce qu’il a besoin de davantage de pouvoir de décision?

Pour en savoir plus, lisez notre article Mon enfant me provoque, comment réagir?

Bien sûr, il n’est pas évident en tant que parent de comprendre ce qui se joue derrière un comportement difficile. N’hésitez pas à consulter un professionnel. Il est par ailleurs important d’éliminer certaines causes physiques (troubles du sommeil, épilepsie, troubles ORL, etc.).

L’application Lickety Split

Lickety Split est un timer: un pingouin-sablier qui fait des bruits rigolos et joue des musiques super entrainantes pour encourager vos petits monstres à se laver les dents, s’habiller, ranger sa chambre, mettre la table, etc. Vous ne pourrez plus vous en passer, et vous vous surprendrez vous-même à vous éclater avec votre ou vos enfants.

Mettre un timer

C’est le même principe que l’application Lickety Split, sauf qu’on l’applique à diverses actions du quotidien. Par exemple, on peut convenir avec l’enfant d’un temps d’écran, et le prévenir que dans 30 minutes, quand l’alarme du téléphone (ou autre) sonne, on éteint la télé.

Faire la course/organiser des défis

Là aussi, c’est ce principe d’émulation ludique qui est repris dans l’appli Lickety Split, mais cette fois, c’est à vous d’être (un peu) créatif. Par exemple, vous pouvez organiser un concours de mousse en vous lavant les dents avec votre enfant, laver un jouet en même temps que se laver les mains, habiller le doudou en même temps que l’enfant s’habille, etc. Certes, ça demande du temps et de l’énergie, mais le jeu peut en valoir la chandelle.

Posi et Néga

Trouvez deux marionnettes (toutes simples, vous pouvez même les fabriquer avec de simples chaussettes glissées sur les mains). L’une s’appelle Posi (positif), l’autre Néga (négatif). Jouez avec l’enfant, en lui montrant que ses comportements positifs, à travers Posi, ont un impact positif sur lui-même et son entourage (vous, fratrie…). Vous pouvez faire pareil avec Néga, afin d’expliquer l’impact des comportements négatifs.

Ces marionnettes peuvent vous servir à anticiper: par exemple, comment va réagir maman si Néga n’a pas envie de se laver les dents? Et si c’est Posi qui décide d’intervenir? Le but n’est pas de voir toute la vie de l’enfant à travers le prisme « bien/pas bien ». Ne sortez pas ces marionnettes à chaque instant de la vie donc (ça risquerait d’agacer votre bambin), mais de simplement faire prendre conscience à l’enfant que ses comportements ont un impact, sur les autres et sur lui-même. De temps en temps, vous pouvez faire un petit rappel oral lors d’un moment difficile: « Tu te souviens de Posi et Néga? »

Les trois S : Sortez, Sortez-les, Supportez-les

Lorsque le comportement de l’enfant remplit un peu trop votre seau des émotions à vous, il peut être alors souhaitable de se mettre physiquement à distance en quittant la pièce pour un moment, ou en lui faisant quitter la pièce. Cela peut correspondre à ce qu’on appelle dans certaines méthodes comportementales le « time-out ». Plutôt que de partir en crise vous-même, mieux vaut s’éloigner.

Le « supportez-les » n’est bien entendu pas à prendre au sens « je ne le supporte plus » mais dans le sens positif de porter quelqu’un, de l’aider, l’accompagner.

Choisir un code non verbal

Pour éviter d’être soi-même en opposition avec son partenaire dans les moments de tension, essayez de discuter en amont sur quoi faire dans certaines situations bien précises. Par exemple, lorsque votre enfant refuse de mettre ses chaussures le matin, soyez d’accord sur le fait que l’un de vous l’aide à mettre ses chaussures, tous les matins, si besoin. Si vous n’êtes pas d’accord avec l’attitude de votre partenaire vis à vis de votre enfant, vous pouvez mettre en place un signe ou signal, par exemple un son, un geste de la main, pour signifier à l’autre que vous ne pouvez pas l’encourager dans ce qu’il est en train de faire.

Un code non verbal peut aussi être mis en place avec l’enfant, de votre part et de la sienne, lorsque l’un de vous deux sent que c’est trop pour lui. C’est le signe que la limite est atteinte, et qu’une petite mise à distance peut s’imposer (quitter la pièce, se taire…).

Le renforcement positif

Le renforcement positif est l’un des grands principes de certaines méthodes psycho-éducatives comportementales. Ici, on peut le pratiquer avec des jetons par exemple. Chaque bon comportement est valorisé par le gain d’un jeton. Au bout d’un certain nombre de jetons, l’enfant gagne un petit « cadeau » (pas forcément matériel, ça peut être le choix d’un jeu avec papa ou maman, un dessin animé, une activité pour le week-end…).

Choisir ses batailles

Ne soyez pas trop exigeant envers vous-même ou envers votre enfant, au risque que rien ne soit, au final, fait comme vous voulez! Choisissez donc vos batailles: ne cédez pas et ne négociez pas sur certaines choses indispensables (lavage des dents, sécurité, arriver à l’heure à l’école…) mais lâchez prise sur d’autres: le choix des vêtements, le droit de ne pas finir son assiette…

Décomposer les taches en mini-objectifs

Lorsque l’enfant rechigne à réaliser une tâche, pensez à énoncer une partie de la tâche en question plutôt que sa totalité. Par exemple, dire à l’enfant de mettre son pantalon, et maman met les chaussettes. Dire à l’enfant de mettre les sets de table, au lieu de mettre la table…

Autres pistes:

Le tableau des réussites

Sur le même principe que le planning des tâches quotidiennes, il s’agit d’un petit tableau sur lequel apparait de façon claire et valorisante les réussites de l’enfant. Sur Internet, vous trouverez facilement des exemples de tableaux de réussites (ou victoires ou récompenses) à imprimer ou à reproduire. Certains peuvent s’acheter dans le commerce.

Consoler plutôt que crier

Quand l’enfant fait « une crise », vous pouvez essayer de le consoler. Même si ça semble parfois aller contre tout ce que vous avez envie de faire ou dire à ce moment-là! Prenez-le dans vos bras, et dites-lui que que ça va aller. En général, il se calme assez vite, et vous pouvez ensuite revenir calmement et de façon apaisée sur ce qui s’est passé.

Les méthodes comportementales

Certaines méthodes issues du courant comportemental (ou béhavioriste) semblent avoir prouvé leur efficacité en matière d’éducation. Attention, ces méthodes ne sont pas un style d’éducation ou parental. Elles doivent être adaptées à chaque situation, éventuellement en fonction de troubles ou spécificités de l’enfant avérés (haut potentiel, TDA/H (troubles du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité), troubles du spectre de l’autisme…).

  • La méthode Kazdin: ses principes essentiels reposent sur le renforcement positif et sur le time-out (et bien d’autres choses encore).
  • La méthode Barkley: c’est une guidance parentale souvent conseillée lorsque les parents traversent une période particulièrement difficile avec leur enfant, au point que ça peut jouer sur les relations intra-familiales. La plupart du temps, elle est appliquée pour aider à mieux comprendre et supporter certains troubles du neuro-développement comme un TSA ou un TDA/H. Elle se pratique en groupes de parents, sur une dizaine de séances assez longues animées par des professionnels formés.

Bibliographie et ressources

  • Le site internet de Marie Chetrit ainsi que son compte Instagram PRGR: @prgr_le_blog avec des stories à la Une spécialement dédiées à l’opposition (voir ici). Vous y trouverez une mine d’idées et de retours de mamans, donc du vécu (et du soutien, soit dit en passant!).
  • File dans ta chambre, de Caroline Goldman.
  • The Everyday Parenting toolkit, Alan Kazdin (pas encore traduit en français).
  • Manuel d’éducation à l’usage des parents, Didier Pleux.
  • Les conférences de Franck Ramus, que vous trouverez facilement en ligne sur Internet.

Valentine Anciaux est la cofondatrice de psychoeducation.be, mine d’or d’informations à destination de toutes celles et tous ceux qui s’occupent d’enfants: outils, conférences en ligne, formations et événements, vidéos et podcasts et même un jeu « J’irai au bout de mes rêves ». Valentine sera sur scène au centre culturel d’Auderghem pour son spectacle du même nom, le 21 mars prochain.

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