Chronique | « Ils sont parfaits vos seins »: ces mots d’une sage-femme qui ont sauvé mon allaitement

Parfois ça tient à peu de choses un allaitement… Quelques mots soufflés au creux d’un lit de maternité peuvent tout changer, vraiment. 

Je venais d’accoucher par césarienne d’urgence de mon fils aîné. La mise au sein était compliquée. Ça n’avait rien à voir avec la césarienne, j’avais une montée de lait digne du Vésuve entrant en éruption, simplement je n’y connaissais tout simplement rien. J’ai réalisé que ma (super) préparation à l’accouchement n’était bien qu’une préparation à l’accouchement, et pas à ce que me réservait la suite. Rien sur l’allaitement, rien sur les suites de couches, rien sur le bébé.

Dans une autre maternité, peut-être que j’aurais abandonné. Mes seins engorgés me faisaient un mal de chien, je vivais très mal les suites de couches, trouver une bonne position pour allaiter avec la douleur post-césarienne m’était compliqué, et surtout, j’étais persuadée que, ayant des tétons plutôt du genre rentrés (en tout cas c’est ce que je croyais), je n’avais pas les « tétines » adéquates pour la bouche d’un nourrisson.

Tétons rentrés

Un matin… un après-midi? Je ne sais plus, je naviguais dans les eaux troubles du post-partum. Un matin donc, je tentais une mise au sein de mon tout petit bébé, qui ouvrait la bouche pour attraper mes mamelons. Elle était à côté de moi, une jeune sage-femme, calme et rassurante. Elle m’expliquait comment je devais m’y prendre, m’aidant à trouver la bonne position, et positionnant mon bébé de façon à ce que la prise du sein soit optimale. Voyant que les choses n’étaient pas simples, j’ai dit, comme pour me justifier « mais aussi j’ai les tétons rentrés, c’est pour ça qu’il a du mal… » Là, tout doucement, presque chuchotant au-dessus de mon épaule, à quelques centimètres de ma tête, elle a dit « Ils sont parfaits vos seins ». Et rien d’autre.

ILS SONT PARFAITS VOS SEINS

Cette phrase a TOUT changé. Je l’ai crue. Littéralement. Elle m’a expliqué que mon bébé, en tétant, transformerait mon téton en tétine.  Et c’est ce qui s’est passé. Magic téton! Je ne me souviens plus bien de la suite, mais je suis sûre d’une chose: mon fils a réussi à prendre le sein, et plutôt deux fois qu’une. Une semaine après il avait pris 500 g, ce qui avait fait rire la sage-femme en visite à domicile « C’est super, il profite bien! » et j’ai poursuivi mon allaitement largement au-delà de la limite du socialement acceptable, essuyant les réflexions de rigueur que toutes les femmes qui allaitent plus de 6 mois (voire moins) ont l’habitude d’entendre.

N’empêche, peu importe ce que j’entendais, ces cinq mots murmurés, ce matin d’hiver à la maternité, sont restés gravés dans ma mémoire. Je pensais que mes seins n’étaient pas bien formés. Je ne les pensais pas inaptes, sinon je n’aurais même pas tenté le coup d’allaiter, mais une parole, une seule parole qui aurait pu me faire croire que mes mamelons étaient effectivement foireux aurait suffi, dans cette fragilité post-partum, à m’en persuader. Heureusement, ce jour-là, c’était cette sage-femme qui était de garde. Elle m’a fait découvrir qu’il n’y avait pas de mamelons inaptes à nourrir un bébé, sauf dans de rares exceptions, et m’a tout simplement donné ce qui manque à bien des femmes en début d’allaitement: de la confiance en soi.

« Ils sont parfaits vos seins »

Elle avait raison! Mes seins, qui m’avaient toujours complexée par leur petite taille, suffisaient soudain à nourrir exclusivement un petit être humain. Vous vous rendez compte? Il n’avait besoin de rien d’autre que de moi. Et mes seins n’avaient besoin que de la bouche de mon bébé pour se transformer en tétines nourricières. Mes seins sont parfaits. Même petits, même avec leurs tétons trop lisses.

Je ne sais pas comment s’appelait cette sage-femme. J’aimerais parfois la remercier, lui dire « Vous ne pouvez pas savoir à quel point ce que vous m’avez dit m’a fait du bien, j’ai repensé à vous si souvent ». J’aimerais qu’elle lise cette chronique, qu’elle sache qu’elle doit continuer à rassurer les mères comme elle l’a fait ce jour-là avec moi, à les soutenir, à les encourager, et à leur montrer qu’elles ont des super pouvoirs qu’elles ne soupçonnent même pas. Qu’elle dise ces mots, encore et encore. Ni plus, ni moins. Juste ça, « Ils sont parfaits vos seins »…

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